Mutineries et casses: Le malaise se généralise
Ouagadougou a passé une nuit calme hier. Tel n’a pas été le cas dans l’est du pays dans la ville de Tenkodogo. Au matin du 18 avril, les villes de Kaya et de Koudougou ont fait parler d’elle.
Les militaires ont remis ça après que les commandos de la ville de Pô , berceau de la révolution d’Aout qui a porté Thomas Sankara au pouvoir ait obtenu gain de cause dans ses revendications. Dès le déclenchement de la mutinerie de la ville de Pô, certains observateurs avaient prédit l’entrée en scène de la garnison de Tenkodogo, parce que concernée également par les indemnités de logement. Le calme est revenu dans ces deux villes.
Mais, un autre front vient de s’ouvrir. Au nord du pays, dans la ville de Kaya ce sont des gendarmes qui sont sortis manifestés. L’ampleur des dégâts n’est pas encore connu, mais le mode opératoire est le même que celui des militaires : les premières victimes sont leurs chefs dont les domiciles sont incendiés. La nouveauté ici, c’est le fait que des gendarmes adoptent la même attitude. De nombreux burkinabè avaient parié que les gendarmes, plus instruits et très à cheval sur le respect de la loi ne se livreraient jamais à de tel acte. Eh bien, ils ont eu tort. A moins que les corps habillés se soient passé le mot pour agir de la même façon. Si tel est le cas, le Burkina n’en a pas encore fini avec le cercle vicieux des casses et autres mutineries.
Le 18 avril, les élèves de Koudougou ont fait de nouveau parler d’eux. La coordination des élèves qui a organisé une marche en direction du Haut commissariat pour le cadre de la veille qu’elle organise autour du dossier judiciaire sur la mort du petit Justin Zongo, elle a trouvé porte close. Une situation qui n’a pas plus aux élèves qui s’en sont pris aux locaux qu’ils ont incendiés. Dans leur colère, les élèves ont mis le feu au siège du parti au pouvoir, le CDP, brulé le domicile de l’ancien Premier ministre Tertius Zongo et celui d’un ponte du pouvoir en place, ressortissant de la ville. Cette ville qualifiée de rebelle depuis l’affaire Norbert est déserte depuis ce matin. Les magasins sont fermés ainsi que le marché central. Tout est parti de cette ville en février dernier avec la mort controversée de l’élève Justin Zongo. Les élèves de Koudougou avaient alors protesté violemment sur ce qui leur semblait être une mort de suite de coups et blessures reçus à la police. Tout le pays a été plongé dans une violence scolaire et estudiantine avec son lot de saccages de bâtiments publics et de commissariats. Les militaires ont ensuite pris le relais. Cela fait bientôt deux mois que le pays est plongé dans la violence. Le Président Blaise Compaoré a nommé de nouveaux chefs militaires et dissout le gouvernement. Mais cela ne semble pas calmer le cycle de la violence et manifestations.
A Ouagadougou , le travail a repris avec de nombreux embouteillages devant les stations service qui ont décidé de rouvrir après deux jours. Une seconde manifestation de commerçants était prévue ce 18 avril, mais le président de l’association des petits commerçants est monté au créneau dans la nuit du 17 pour appeler ses membres à ne pas sortir, rassurant ses collègues que les autorités ont promis d’étudier les dégâts et de trouver des solution.
Hasanata, Koaci.com Ouagadougou