Ouattara rejette un appel au «dialogue» de Laurent Gbagbo

Publié le par sethkokorussie

gbagbo-inquiet.jpgLe président ivoirien sortant, Laurent Gbagbo, a proposé, ce vendredi 18 mars 2011, un dialogue avec Alassane Ouattara, président reconnu par la communauté internationale, tout en appelant les combattants de son rival à « déposer les armes ». Offre que ces derniers ont déjà rejeté.

Depuis la confirmation par l’Union africaine, le 10 mars dernier, de la reconnaissance d’Alassane Ouattara comme seul président ivoirien, on attendait la réaction de Laurent Gbagbo. Le chef de l’Etat reconnu par le Conseil constitutionnel n’a pas encore parlé, comme annoncé depuis plusieurs jours, mais il s’est exprimé dans un communiqué lu à la télévision d’Etat par le porte-parole de son gouvernement, Ahoua Don Mello, ce vendredi 18 mars.

Laurent Gbagbo « prend acte des cadres de discussion proposés » par l'UA. Il « attend le Haut représentant mandaté par l'institution pour envisager le schéma de dialogue interivoirien, seul gage de sortie pacifique de la crise, seul moyen pour préserver la sécurité des citoyens », indique le communiqué.

L'UA avait décidé de réunir d'ici au 24 mars des négociations entre les parties ivoiriennes pour appliquer ses propositions, notamment le départ de Laurent Gbagbo et l’installation d’Alassane Ouattara ainsi que la formation d’un gouvernement d'union nationale incluant des partisans du président sortant. Cette position de l'Union africaine avait été catégoriquement rejetée par le camp Gbagbo.

Appel aux « aux rebelles » à « déposer les armes »

Laurent Gbagbo a, en outre, appelé « les rebelles », autrement dit les combattants du camp Ouattara, à « déposer les armes, à cesser les violences ». Depuis plusieurs semaines, les ex-rebelles ivoiriens des Forces nouvelles, alliés à Alassane Ouattara, ont  repris les armes, notamment dans l’ouest de la Côte d’Ivoire, où des affrontements ont entraînés la fuite de plusieurs dizaines de milliers de personnes. A Abidjan, des insurgés pro-Ouattara mènent également des attaques meurtières contre les forces loyales à Laurent Gbagbo, notamment dans le grand quartier populaire d'Abobo, majoritairement fidèle à Alassane Ouattara. Les représailles des militaires pro-Gbagbo sont sanglantes.

Les FN ont immédiatement rejeté l'appel du chef d'Etat. « Jusque-là, nous ne faisons que nous défendre et lui ne demande pas à ses miliciens de déposer les armes mais c'est à nous qu'il le demande. Nous ne déposons pas les armes », a indiqué, à l’Agence France presse, leur porte-parole militaire, Seydou Ouattara.

Les Forces nouvelles ont également démenti toute assistance militaire de la part du Nigeria, une accusation portée un peu plus tôt par Laurent Gbagbo. Ce dernier a, en effet, accusé le chef de l'Etat nigérian Goodluck Jonathan d'apporter une « assistance militaire » aux « rebelles » que ses forces armées affrontent. Ce que dément le porte-parole du ministère nigérian des Affaires étrangères. « En ce qui me concerne, c'est sans fondement », a dit Damian Agwu.

La Cour du justice de la Cédéao contre l'usage de la force

Laurent Gbagbo a toutefois marqué un point à l'extérieur. La cour de justice de la
Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao) a, en effet, donné
l'ordre, vendredi, aux 15 Etats membres de s'abstenir de l'usage de la force en Côte d'Ivoire, dans une décision provisoire en attendant un jugement sur le fond. Le tribunal, qui avait été saisi d'une requête déposée au nom du président ivoirien sortant Laurent Gbagbo, « ordonne aux Etats membres et aux institutions de la Communauté de se conformer strictement à l'article 23 du règlement de la Chambre », a indiqué la présidente de la Cour, Awa Daboya Nana. « Cet article, a-t-elle précisé, prévoit que, quand un conflit vient devant la Chambre, les Etats membres doivent s'abstenir de toute action susceptible d'aggraver le conflit ».

L'affaire sera jugée sur le fond le 9 mai. Laurent Gbagbo avait saisi, en février, la Cour de justice de la Cédéao pour contester la décision de la Communauté économique d'exiger son départ de la présidence de Côte d'Ivoire. Le 7 décembre, un sommet de la Cédéao avait exigé le retrait du pouvoir du chef d'Etat sortant ivoirien, reconnu Alassane Ouattara vainqueur de l'élection présidentielle du 28 novembre et suspendu la Côte d'Ivoire de l'organisation régionale. La Cédéao avait également menacé de déloger Laurent Gbagbo par la force s'il refusait. L'avocat de Laurent Gbagbo, Mohamed Faye, s'est félicité de cette décision, soulignant qu'aucune institution de la Cédéao ne devrait prendre quelque action que ce soit « susceptible d'aggraver la situation tant que le tribunal ne se sera pas prononcé sur le fond ».

Source: RFI

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Publié dans Abidjan News

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