Menace sur le processus de paix - Un officier proche de Gbagbo annonce la reprise des hostilités

Publié le par sethkokorussie

“Le Seigneur m’a révélé que cette crise que nous vivons en Côte d’Ivoire, nous allons la terminer par une guerre. Et Dieu me donne l’assurance que ces affrontements déboucheront sur la victoire de l’armée à laquelle j’appartiens ». Ces propos sont d’un officier de la gendarmerie. Il les a tenus à l’occasion d’une interview qu’il a accordée hier au quotidien l’Inter. Et cet officier, ce n’est pas n’importe qui. C’est le commandant Jean-Noël Abéhi, commandant du Groupe d’escadron blindé de la gendarmerie (GEB). Pour qui connait cet officier, il y a de quoi à avoir froid dans le dos en lisant ces propos. Le commandant Abéhi, pour ceux qui ne le savent pas, est un proche du commandant Séka Séka Anselme, aide de camp de la première dame, Mme Simone Ehivet Gbagbo. Il fait partie du groupe des « jeunes loups » du commandement parallèle sur lequel n’hésite pas à s’appuyer Laurent Gbagbo en cas de réticence de l’état-major. C’est ce groupe de jeunes officiers qui a en son temps, poussé le président Laurent Gbagbo à lancer l’opération « Dignité ». Ce même groupe actuellement soutenu par l’aile dure du camp présidentiel, continue de faire pression sur le chef de l’Etat. Avec l’enlisement de l’Accord politique de Ouagadougou, ces jeunes officiers essayent depuis un certain temps, de convaincre Laurent Gbagbo à reprendre les hostilités. La sortie du commandant Abéhi n’est donc pas fortuite. Elle vise à préparer les esprits dans l’éventualité d’une reprise de la guerre. Cela est d’autant plausible que ces derniers temps, les actes et les discours qui fusent dans le camp présidentiel militent dans ce sens. Le numéro 2 du régime, le Pr. Mamadou Koulibaly, a déjà décrété la mort de l’accord politique signé le 4 mars 2007 à Ouagadougou. Au cours d’un colloque de la Convention de la société le 2 juin, le président de l’Assemblée nationale avait déclaré que « l’accord de Ouagadougou a échoué ». Il reste donc à ceux qui ont négocié cet accord d’en tirer les conséquences en démissionnant. Des propos qui n’ont pas du tout plu à son camarade de parti, le ministre Désiré Tagro qui était le principal négociateur pour le compte du FPI à Ouagadougou. Cette sortie a créé un malaise profond au sein du parti au pouvoir. Puisque à cette bombe, le président Mamadou Koulibaly a ajouté des accusations de népotisme, de pot-de-vin et de détournements de fonds. Désiré Tagro est accusé d’avoir procédé au concours d’entrée à l’école de police, à des recrutements sur des critères tribaux. Des faits qu’il a reconnus le jeudi 10 juin dernier, au cours d’une réunion de crise chez le président du FPI, Pascal Affi N’Guessan. Au cours de ce conclave, le ministre Désiré Tagro avait reconnu qu’il octroyait pour ce concours, les 2/3 des places disponibles aux caciques du régime, notamment la Première dame. Des révélations qui ont profondément choqué les Ivoiriens. Mamadou Koulibaly est mis sur le banc des accusés dans son camp. La tête du ministre Tagro est réclamée. Les députés de l’Assemblée nationale demandent la mise en place d’une commission parlementaire. Laurent Gbagbo intervient. Mais pour faire baisser la température, il préfère casser le thermomètre. Il demande au procureur de la République de se saisir de l’affaire. Curieusement, dans le communiqué lu par son porte-parole le dimanche dernier, est mentionné le nom du Premier ministre Guillaume Soro. Aujourd’hui, lorsqu’on lit les propos tenus par le commandant Jean-Noël Abéhi, on comprend aisément les raisons. « Les signes vont se préciser par eux-mêmes. Vous verrez bien qu’à un moment donné, les accords qui sont là vont avoir des limites », a-t-il avancé dans cette interview. Avant d’ajouter : « Et ce n’est pas loin ce temps-là. » Apparemment, avec tout ce qui se passe, ce temps est arrivé. Il ne faut donc pas s’étonner les jours à venir de voir le front s’embraser à nouveau.

Jean-Claude Coulibaly

Source: Le Patriote

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