Meeting du Fpi-Marcory, au stade Konan Raphaël : Mobilisation extraordinaire !

Publié le par sethkokorussie

KOU.jpgLe Stade Konan Raphaël de Marcory, qui a servi, hier, de cadre au meeting du Fpi, était noir de monde. Des jeunes habillés dans des tee-shirts à l’effigie du Président Laurent Gbagbo dansaient et chantaient. Les vingt cinq bâches dressées pour la circonstance se sont avérées insuffisantes pour accueillir le flot de personnes. Ceux qui n’ont pas eu de place étaient sur les toits des maisons jouxtant le lieu de la manifestation. Des personnes visiblement émues contiennent difficilement leurs larmes. «Nous sommes les plus heureux. C’est un jour nouveau qui se lève pour nous. On ne pouvait pas retenir nos larmes», Lâche un militant. Des jeunes et adultes, en provenance des quatre coins de la Côte d’Ivoire, ont afflué. Par petit groupes. Chaque arrivée est une fête. On crie, on danse en chantant : «Respectez le pouvoir de Gbagbo ; Il n’y a rien en face, c’est maïs». Comme s’ils s’étaient passé le mot. Et ils sont tous vêtus de tee-shirts blancs pour symboliser la paix. En tout cas, personne ne voulait rater cet évènement. «Nous sommes venus démontrer notre force de frappe. Parce qu’il y a des gens qui pensent que le Président Laurent Gbagbo est minoritaire» lance le vieux Amadou Diabagaté, militant de base à Port-Bouet, qui tient à peine sur ses jambes. Et de poursuivre : «Si je meurs aujourd’hui, je n’aurai pas vécu inutilement». Les Forces de l’ordre, en grand nombre, veillent au grain. Elles occupent tous les coins et recoins des alentours du stade. Tout se passe dans la discipline. Chacun est minutieusement fouillé. On ne sait jamais. «Il faut prendre toutes les dispositions pour éviter des incidents. Nous prenons toutes les dispositions pour que des personnes étrangères n’infiltrent notre manifestation» fait remarquer un membre du comité d’organisation. Le public n’a pas le temps d’exulter que le maître de cérémonie annonce l’arrivée des personnalités. La foule les accueille avec des hourras. L’émotion est grande. Des femmes jettent sous leurs pieds des pagnes. Des personnes ont du mal à contenir leurs larmes. Elles pleurent comme si elles avaient perdu un parent. D’autres sont inconsolables.
Soutien des autres partis la majorité présidentielle
Les militants des autres partis de la majorité présidentielle ont aussi répondu présents. «Nous ne pouvons pas rester en marge de cette manifestation. Nos camarades peuvent compter sur nous. Partout où on parlera du Président Laurent Gbagbo, nous serons présents» indique Jean Baptiste Kouakou, militant de l’Udcy de Mel Eg Théodore. Mme Salimata Traoré du Rpp abonde dans le même sens. Selon elle, son parti reste toujours aux côtés du Fpi pour mener la lutte. Celle de la démocratisation de la Côte d’Ivoire. Idem pour des militants du Pdci et du Rdr qui ont pris fait et cause pour le Président Laurent Gbagbo lors de la présidentielle. «Nous ne pouvons pas trahir notre vote. C’est dans la difficulté qu’on reconnaît ses vrais amis. Nous sommes venus dire aux militants du Fpi qu’ils ne sont pas seuls. Ils peuvent compter sur notre détermination et disponibilité» lancent-ils en chœur. Et de poursuivre : «Le Président Laurent Gbagbo est un esprit. Personne ne peut tuer en nous cet esprit». Ils ne sont pas tendres avec Alassane Ouattara qu’ils estiment ne pas être reconnaissant envers son bienfaiteur qui n’est rien d’autre que le Président Laurent Gbagbo. Puisque c’est lui qui a permis qu’il soit candidat. Il a eu toutes les largesses sous le régime de la refondation. Sa sécurité était assurée, il percevait son salaire d’ancien premier ministre.
Réconciliation d’accord, libération de Gbagbo d’abord
Les personnes interrogées, toutes sont d’accord pour aller à la réconciliation nationale. Mais pas à n’importe quel prix. La réconciliation, selon eux, ne doit pas être sur les bouts des lèvres. Il faut des actes concrets. A savoir la libération du Président Gbagbo Laurent et de tous les autres détenus civils et militaires ; le retour de tous les exilés et les déplacés; l’arrêt de toutes les procédures judiciaires; le dégel des avoirs des personnalités de la majorité présidentielle; la sécurité des personnes et des biens et surtout la sécurité du processus électoral ; la composition de la Cei; la révision de la liste électorale; le découpage des circonscriptions électorales et la détermination des sièges... Fatogoma S., qui était récemment à Korhogo, fait des révélations sur la détention du Président Laurent Gbagbo : «Il n’est autorisé à venir dans la résidence qui lui est officiellement affectée que pour recevoir les visites que le pouvoir veut bien autoriser. Cela est très grave. Cela veut dire que le Président n'est donc pas en résidence surveillée, qui est une mesure administrative prévue par les textes en Côte d’Ivoire, mais qu’il est plutôt séquestré ; or la séquestration est une situation de fait illégale à tout point de vue qui ne peut être tolérée, surtout lorsqu’elle est le fait d'un État». Et d’accuser les Nations unies : «C’est l’Onu qui s’est chargée de transférer le Président Gbagbo à Korhogo. Et ce sont ses forces qui sont réputées assurer sa sécurité. D’où vient que le Président Gbagbo réside dans un lieu autre que celui officiellement indiqué sans que l’Onu ne dise mot ? Nous tenons donc l’Onu responsable de toutes les défaillances sécuritaires qui pourraient mettre à mal la vie du Président Gbagbo». Les militants ne comprennent pas le mutisme de Charles Konan Banny, président de la Commission dialogue, vérité et réconciliation, face aux violences perpétrées contre eux : «Nous pensons que Banny doit interpeller le régime. A moins qu’il nous dise qu’il est d’accord avec cela». L’Onu n’échappe pas aux diatribes.
La gestion d’Alassane Ouattara décriée
Le meeting était est aussi l’occasion pour les militants de se prononcer sur la gestion des six mois des nouveaux tenants du pouvoir. Selon ces derniers, depuis l’arrivée d’Alassane au pouvoir rien n’a changé. La situation ne fait qu’empirer…
«Nous vivons une situation dramatique. La vie est devenue très chère. Il y a aussi le marché de l’emploi qui est devenu catastrophique. Parce que la confiance n’est pas là encore. La peur de l’Ivoirien pour faire quelque chose est devenue plus frappante. Alassane a promis beaucoup d’argent en tenant compte de ses relations. Malheureusement les pluies de milliards sont devenues est un leurre» déplore, Michel Koudou, militant à Yopougon. S’agissant des démolitions en cours, ils marquent leur étonnement. Puisque sous le Président Laurent Gbagbo, ceux qui sont au pouvoir actuellement l’avaient accusé de tous les maux. Lorsqu’il avait décidé de le faire. Il faut dire que c’était la haine contre le pouvoir de Gbagbo. Que dire de l’insécurité ? « Alassane lui-même sent l’insécurité. Il est surveillé par l’armée française et les Forces onusiennes. Il se met en sécurité et met les Ivoiriens dans l’insécurité. Il faut donner la sécurité aux ivoiriens. Notamment aux policiers et gendarmes. Nous ne pouvons pas comprendre qu’on puisse les désarmer» expliquent-ils. Et d’ajouter : «Nous devons apprendre à faire confiance à nos Forces de l’ordre. Il faut débarrasser les rues de tous ceux qui n’ont pas droit à avoir les armes. Aujourd’hui partout, les gens soutiennent que le temps du Président Gbagbo était le meilleur. Cela veut dire qu’il y a quelque chose qui ne va pas. Ce n’est pas en faisant de grand coup de peinture sur certaines places, qu’on peut dire que ça va, le pays est en train de partir, tout va bien… ». S.K, travaillant dans une régie financière fait les éloges du Président Laurent Gbagbo : «On ne dit pas aux gens de l’aimer. Mais de reconnaître sa force. Malgré le contexte de crise politique marqué par la division du territoire national en deux, il a fait fonctionner correctement l’État. Il a assuré l’essentiel des engagements de la Côte d’Ivoire aussi bien sur le plan national que vis-à-vis de l’extérieur». Et de relever : «Les grandes performances des administrations fiscales qui ont réalisé des records sans précédent dans une période aussi difficile, traduisant ainsi la volonté de la Côte d’Ivoire de vivre selon ses moyens en tournant le dos, définitivement, à l’endettement. Le poids de la dette hypothèque dangereusement la vie des générations à venir. Il vaut mieux en sortir maintenant que de chercher à perpétuer le système d’endettement. La Côte d’Ivoire en a les moyens aussi bien matériels qu’humains. Elle a une grande qualité et une diversité de compétences pour tenir ce pari». Le meeting s’est déroulé dans une ambiance festive. Aucun incident n’a été signalé. Coup de chapeau aux organisateurs.
Yacouba Gbané

Source:Le Temps

ACSCI TV

 

 


 

 

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