Les dirigeants du G8 et du G20 ont rendez-vous à Toronto

Publié le par sethkokorussie

CAN-toronto.jpgToronto accueille pour trois jours des dizaines de chefs d'État et de gouvernement à l'occasion des sommets du G8 et du G20. Les échanges sur les dettes publiques et la coordination des politiques économiques devraient dominer les discussions.

AFP - Un immense filet de sécurité a été déployé jeudi autour de la région de Toronto qui s'apprêtait à accueillir des dizaines de chefs d'Etat et de gouvernement ainsi que des milliers de manifestants à l'occasion des sommets du G8 et du G20.

Les mesures de sécurité n'ont apparemment pas empêché la préparation d'initiatives violentes contre les sommets: la police canadienne a arrêté le chauffeur d'une voiture contenant cinq bombonnes de gaz, une tronçonneuse et une arbalète artisanale, dans le centre de Toronto non loin du lieu du sommet du G20, selon une journaliste de l'AFP qui a assisté à l'incident.

D'abord la station touristique de Huntsville, à 200 km de là, puis la grande ville canadienne doivent devenir pendant trois jours capitale provisoire de la planète pour permettre à ses dirigeants d'aborder des questions sensibles comme la dette publique, la régulation et la taxation de la finance, ou encore la coordination des politiques économiques dans l'intérêt commun.

Dans le passé, ces sommets ont été fréquemment accompagnés de manifestations, parfois violentes, et le Canada n'a rien laissé au hasard pour assurer la sécurité de ses invités. Le coût du dispositif mis en place avoisine un milliard de dollars.

Première conséquence, la métropole des bords du lac Ontario ressemblait jeudi à une ville fantôme étrangement silencieuse, habitée essentiellement par les policiers qui stationnaient sur les trottoirs en petits groupes en scrutant des rues vides dans l'attente d'une manifestation encore hypothétique.

"Dans l'éventualité où les manifestants adopteraient un comportement criminel, ce qui ne sera pas toléré, nos policiers auront une panoplie d'options d'intervention", explique posément le caporal Charles Vallée, porte-parole de la Gendarmerie royale du Canada (police fédérale).

Parmi ces moyens figurent les canons à eau et les canons à son, ces derniers pouvant servir à diffuser des messages pour demander aux manifestants de se disperser ou des sons stridents pour les y forcer. Une association a demandé une injonction de la justice pour les faire interdire et elle attend une décision vendredi.

Sauf initiative surprise de groupes marginaux, les principales manifestations annoncées - et censées se dérouler dans des zones prévues à cet effet - sont attendues seulement samedi, au moment où commencera la réunion des dirigeants des vingt principaux pays industrialisés et émergents.

Quant au G8 à Huntsville, les responsables canadiens jugeaient peu probable que des manifestants parviennent jusque-là.

La vigilance de la police avait déjà conduit mercredi à l'arrestation d'un habitant de Toronto, un informaticien de 37 ans spécialiste de la sécurité, Byron Sonne, puis de sa femme. Tous deux ont été inculpés notamment de possession d'explosifs et d'armes à des fins dangereuses, a indiqué la police dans un communiqué, sans toutefois donner plus de détails sur un hypothétique d'attentat.

Byron Sonne a été inculpé également d'"intimidation à l'égard d'une personne liée au système judiciaire", autrement dit d'un juge ou d'un procureur, une accusation très rare au Canada et réservée généralement à ceux qui se rendent coupables de harcèlement de magistrats.

Mais ses connaissances citées jeudi dans les médias estiment qu'il avait tenté, à sa manière, de tester l'efficacité des forces de sécurité et non de préparer une quelconque action violente.

Publié dans Le monde

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