La Commission réconciliation ivoirienne appelle Ouattara à relancer le dialogue

Publié le par sethkokorussie

BANNYABIDJAN - Le chef de la Commission réconciliation ivoirienne appelle le président Alassane Ouattara à prendre des "initiatives" en vue de relancer le dialogue, au moment où le pays connaît son plus grave regain de tension depuis la crise de 2010-2011, dans un entretien avec l`AFP.
"La Nation ivoirienne est en danger", alerte l`ex-Premier ministre Charles Konan Banny, président de la Commission dialogue, vérité et réconciliation, dans cet entretien réalisé mardi.
Une série d`attaques meurtrières menées depuis début août contre l`armée, suivies d`arrestations de hauts responsables du camp de l`ex-président Laurent Gbagbo, ont arrêté la normalisation en cours depuis la fin de la crise postélectorale de décembre 2010-avril 2011, qui a fait quelque 3.000 morts.
Pour M. Banny, le danger qui guette le pays, c`est sa "déstructuration" sous l`effet "de la haine, des violences, de l`intolérance".
"Il n`est pas trop tard", explique-t-il cependant. "Nous trébuchons, nous n`avons pas encore chuté". Alors comment éviter une chute - ou une rechute - mortelle? Par le "dialogue", réplique-t-il.
C`est d`abord l`affaire des responsables, et du premier d`entre eux, Alassane Ouattara, le vrai "patron", lance M. Banny: "j`attends du chef de l`Etat, président de tous les Ivoiriens, qu`il prenne des initiatives en ce sens".

Accepter la main tendue

Avec son mélange de fermeté et de pondération de grand notable bientôt septuagénaire, le "réconciliateur" interpelle également les partisans de Laurent Gbagbo. Leur mentor est incarcéré depuis fin 2011 à La Haye par la Cour pénale internationale, qui le soupçonne de crimes contre l`humanité commis durant la crise, née de son refus de reconnaître sa défaite à l`élection de novembre 2010.
"Ceux qui ont perdu le jeu démocratique", comme "les autres partenaires
socio-politiques, doivent accepter aussi de venir à la table du dialogue en
toute honnêteté, liberté et sincérité".
"Il faut que la main tendue soit acceptée", mais il faut aussi "convaincre les uns et les autres que la main tendue est sincère", résume-t-il.
Le gouvernement a inauguré en avril un "dialogue politique" avec l`opposition. Mais le parti de M. Gbagbo, le Front populaire ivoirien (FPI), de loin l`opposant principal, est resté volontairement à l`écart, réclamant des discussions bilatérales avec le pouvoir.
Et les derniers événements bloquent pour l`heure tout rapprochement. Les autorités accusent des pro-Gbagbo d`être derrière les attaques contre l`armée et de rêver de déstabilisation. Le FPI dément. Des deux côtés, le ton s`est durci comme jamais depuis un an.
Le dialogue tel que le conçoit M. Banny pourrait l`amener à échanger avec M. Gbagbo lui-même, comme l`hypothèse en court depuis des mois. Cela peut se faire "directement ou indirectement", dit le président de la commission, sans s`avancer davantage. LIRE LA SUITE )))

 Une vidéo de l'ACSCI pour votre réflexion du jou


  Inscrivez-vous dans la newsletter et Soyez le premier à visualiser nos prohaines vidéos

 

Commenter cet article