L'ex-comptable de Bettencourt s'est en partie rétractée

Publié le par sethkokorussie

1016314.jpgC'est "paniquée", croit savoir Le Monde, qu'elle a été de nouveau entendue, mercredi soir, par les enquêteurs. Ils sont en possession de carnets recensant les dépenses de l'héritière de L'Oréal, qui contredisent en partie les propos de Claire Thibout.

Devant les policiers venus l'interroger une nouvelle fois, Claire Thibout, l'ex-comptable de Liliane Bettencourt, est revenue, mercredi soir, sur une partie des déclarations qu'elle avait faites mardi au site d'information Mediapart, rapporte Le Monde, jeudi 8 juillet. Compte tenu de ces nouvelles informations, elle va être une fois de plus interrogée ce jeudi, selon de sources proches de l'enquête.

Alors que Le Monde rapportait, mercredi, que l'ex-comptable avait "coupé tout contact et demeurait introuvable", Libération, Le Parisien et Le Figaro ont révélé, dans leur édition de jeudi, que les policiers de la Brigade de répression de la délinquance contre les personnes (BRDP) l'avaient retrouvée, après l'avoir cherchée pendant deux jours, à Avignon, dans le Vaucluse.
Selon Libération, elle y serait venue se reposer. Le Monde a une autre interprétation : "paniquée, elle avait trouvé refuge auprès de sa famille", écrit jeudi le quotidien du soir.
C'est une fois rentrée à Paris qu'elle a été de nouveau entendue, mercredi soir, par les enquêteurs.

 

A quelle date a-t-elle donc retiré les 50.000 euros ?

Or, au cours de cette audition, Claire Thibout s'est en partie rétractée, à en croire Le Monde.
Elle maintient avoir retiré et remis 50.000 euros à ses employeurs, qui maintient-elle également, étaient destinés à Eric Woerth. Mais, selon le journal, elle ne parle désormais plus du 26 mars 2007, reconnaissant qu'il ne s'agissait pas de la bonne date.

Elle avait pourtant affirmé à Mediapart que c'était ce jour là que Patrice de Maistre, le gestionnaire de la fortune de Liliane Bettencourt, lui avait demandé de retirer 150.000 euros, qui étaient destinés, assurait-elle, à Eric Woerth, en tant que trésorier de l'UMP, pour la campagne de Nicolas Sarkozy.
Elle avait expliqué au site d'information qu'elle n'avait pu retirer que 50.000 euros en espèces dans une agence BNP de l'avenue de la Grande Armée à Paris (les 100.000 autres euros auraient été sortis, toujours selon elle, d'un compte en Suisse à l'initiative de Patrice de Maistre).
Devant les policiers, qui l'avaient déjà entendue lundi, l'ex-comptable avait d'ailleurs été plus floue, en parlant d'un retrait effectué en mars ou en avril.

 

Sarkozy dans les rangs des bénéficiaires ? Des accusations "romancées"

L'autre rétractation rapportée par Le Monde, et pas des moindres, concerne Nicolas Sarkozy. Claire Thibout, qui avait raconté à Mediapart que Nicolas Sarkozy venait régulièrement chez les Bettencourt, du temps où il était maire de Neuilly, où il bénéficiait selon elle des enveloppes du couple milliardaire, a affirmé aux enquêteurs mercredi soir que ces déclarations auraient été "romancées".


Pourquoi ce revirement ?

Mediapart assure, pour sa part, que les déclarations de l'ex-comptable ont été scrupuleusement retranscrites, lors de deux conversations, en présence d'un tiers témoin différent à chaque fois, souligne Le Monde, qui s'interroge sur ce "relatif" revirement : est-elle allée trop loin du fait de la pression ? Ou n'a-t-elle pas mesuré l'importance de ses accusations ?

 

Les carnets contredisent en partie ses déclarations

Claire Thibout "est désormais au pied du mur. Contrainte peut-être d'en dire plus. D'expliciter", écrivait, jeudi matin, Libération. C'est en effet, à en croire les informations du Monde, ce qui s'est passé mercredi soir. Libération faisait ce constat après avoir remarqué que les accusations de l'ex-comptable étaient "en partie contredites par les carnets" recensant les dépenses de l'héritière de L'Oréal, qui avaient été remis ce même mercredi aux enquêteurs. Une information que le quotidien tirait des dits carnets, qu'il s'était procurés et dont il publiait des extraits.

Si les carnets de caisse confirment le retrait de 50.000 euros le 26 mars 2007, ils "ne confirment pas une remise d'espèces de 50.000 euros" à Liliane Bettencourt contrairement à ce qu'avait indiqué la comptable lundi aux policiers, expliquait le quotidien. Après avoir retiré ces 50.000 euros, "j'ai rempli le carnet de caisse, avec, en regard de la somme, la mention 'Bettencourt', que j'ai écrite moi-même. Je faisais toujours comme ça lorsqu'il s'agissait de l'argent destiné aux politiques, car il ne fallait pas de trace écrite", avait pourtant expliqué Claire Thibout à Mediapart. Mais dans le carnet, aucun destinataire n'est noté en face de la somme.

"Il n'y a pas le moindre élément qui permette de dire que ces sommes ont servi à autre chose que d'argent de poche" à la famille Bettencourt", a estimé l'avocat de la milliardaire, Me Georges Kiejman, cité par Libération.

 

100.000 euros pour André Bettencourt

D'après Libération, "il faut remonter au mois de janvier (2007, ndlr) pour trouver confirmation des dires de la comptable, qui évoquait des sorties (d'argent, ndlr) importantes destinées à des financements politiques".

"Le 26 janvier, 100.000 euros sont donnés à 'Monsieur' (André Bettencourt, ndlr) rapporte le journal. "Ma cliente est catégorique. Quand on sort 100.000 euros pour M. Bettencourt, ce n'est pas pour aller chez le coiffeur", a commenté l'avocat de la comptable, Me Antoine Gillot, cité par Libération.

Le parquet de Nanterre a ouvert mercredi une enquête préliminaire à la suite des allégations de la comptable, qui sont démenties par Patrice de Maistre. Claire Thibout et le gestionnaire de fortune devraient être très prochainement confrontés l'un à l'autre.

Source: Nouvelobs.com

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