Hamed Bakayoko : “La souveraineté, ce n’est pas de ne rien offrir au peuple”

Publié le par sethkokorussie

BAK.JPG«Je voudrais, simplement, à l’occasion de cette cérémonie de remise de don d’ordinateurs de l’ONUCI à la direction Police criminelle et à la direction Police économique et financière, dire merci à l’ONUCI d’avoir répondu assez rapidement à notre sollicitation. Je veux, en tout cas, les remercier de s’être engagés. Je considère que nous sommes un pays en difficulté. La question sécuritaire est une priorité. La Police n’a pas de moyens bureautiques. Nous avons essayé de réhabiliter les bureaux. Aujourd’hui, c’est un pas vers l’équipement. Tout à l’heure, avec le directeur général de la Police, nous avons convenu d’allouer 4 véhicules à la Police criminelle pour mieux lutter contre le banditisme. Nous savons qu’il y a des problèmes, tout cela est traité. Et tout cela va évoluer. C’est vrai que les agents sont pressés. Mais tout est un processus. Je voudrais engager nos hommes, nos officiers à travailler avec tous les partenaires au développement. Sans complexe. Il n’y a aucune honte à recevoir l’aide d’un pays ami, à recevoir l’aide d’une organisation à laquelle nous participons comme l’ONU. Ce sont des mécanismes qui sont institués dans le monde. C’est cela la solidarité internationale, la coopération internationale. Elle est multilatérale, elle est bilatérale. Lorsque vous avez de bonnes relations avec des pays qui ont plus de moyens, quand vous êtes en difficulté, ils vous aident. Hier soir, j’étais avec une délégation de l’Union Africaine qui est en train de voir comment elle peut nous aider dans les secteurs stratégiques comme la sécurité. Hier midi, j’étais à l’Union Européenne. On a entamé des discussions pour, entre autres, réhabiliter tous les commissariats du District d’Abidjan. Vous savez, l’Etat a des priorités. A mon avis, le taux de normalisation est assez appréciable. Je veux donc remercier nos amis et leur demander de ne pas s’arrêter en si bon chemin. Il y a beaucoup de programmes pour accompagner les pays qui ont de crises comme la nôtre. Il faut les encourager. Il faut avoir une relation décomplexée. Au contraire, c’est ceux qui évoquent des questions de souveraineté pour critiquer nos actions, qui sont complexés. La souveraineté, ce n’est pas se taper la poitrine et ne rien offrir à ses populations, ne rien offrir à sa famille. Aujourd’hui, on offre des ordinateurs à la Police. Demain, c’est un agent qui n’avait pas d’ordinateur qui aura un ordinateur. Offrir un véhicule à la Police criminelle, demain c’est une équipe qui n’avait pas de véhicule qui aura un véhicule. Des citoyens appellent au secours, on ne peut pas les secourir parce qu’il n’y a pas de véhicule. On est concentré sur toutes les actions qui peuvent nous aider à améliorer le quotidien des Ivoiriens. Il nous faut des résultats. Et pour avoir des résultats, il vous faut des moyens. Nous ferons en sorte que vous ayez les moyens. (…) Je voudrais profiter de cette occasion pour dire un mot sur des commentaires que j’entends çà et là sur le bail. J’ai été choqué de voir à la Une de certains journaux : «On va chasser les policiers si le bail n’est pas payé, on va mettre les policiers dehors». Ce n’est pas respectueux vis-à-vis de notre Institution et je vous ai demandé de les recevoir pour leur dire: «Arrêtez», parce qu’ils ne pourront mettre personne dehors. Nous avons demandé au ministre des Finances de faire sa part. Il est en train de faire tout ce qu’il peut, mais ils (les propriétaires des maisons baillées) ne sont pas les seuls fournisseurs de l’Etat. Pourquoi, c’est eux qui veulent prendre l’Etat en otage? Pourquoi, veulent-ils prendre la Police en otage? Parce qu’on dit que la Police est un corps sensible, ils pensent que dès qu’ils vont dire ça, on aura peur d’un soulèvement des policiers. Pourquoi, veulent-ils nous impressionner? Je vous ai demandé de leur parler. Et mieux, eux et nous, nous nous connaissons. On sait qu’eux-mêmes ne sont pas si propres que ça. Quand on a commencé à regarder la question du bail de ces maisons, on a vu qu’il y avait beaucoup des baux fictifs. On a vu que souvent, on payait des gens et à l’adresse, c’était des boulangeries. On a vu qu’on payait des maisons et à l’adresse, ce n’était pas des policiers qui y étaient. Nous allons faire le point, si eux aussi sont irréprochables, on verra. Donc je suis d’accord que l’Etat fasse sa part, mais un peu de respect pour cette institution. De la même façon, je vais être très regardant sur le comportement de nos hommes, je ferai tout pour que la police soit respectée. D’abord qu’elle soit équipée, ensuite qu’elle puisse travailler dans de bonnes conditions et qu’il y ait de grands programmes sociaux pour la Police. Les grands pays qui ont réussi à mobiliser leur police, sont les pays qui ont réussi à bien s’occuper d’abord de leurs hommes. Si on veut que le racket s’arrête, il faut qu’on s’occupe bien de notre Police. Cela fait 10 ans qu’on loue des maisons, l’Etat a des garanties. 10 ans après, on doit à des gens et on n’est pas propriétaire. Où avez-vous vu ça? L’Etat avec le ministère des logements, les banques peut garantir de grands programmes de 500 à 1000 logements par ans pour qu’en 10 ans, 50.000 policiers, 10.000 policiers, aient leurs propres maisons. (…) La Police est un secteur sensible pour la sécurisation des Ivoiriens. C’est un secteur stratégique, un secteur important. Vous pouvez compter sur moi pour faire en sorte que la Police retrouve ses lettres de noblesses. (…) Nous sommes en train de travailler avec tous nos partenaires pour que très rapidement, l’embargo soit levé».
Propos recueillis par KI.

Source: Le Pratriote

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