Filière café-cacao Déjà 32 milliards de Fcfa disparus avant 2002

Publié le par sethkokorussie

 

Franc_Cfa.jpgPourquoi veut-on faire prendre des vessies pour des lanternes ? En tout cas, c’est ce qui ressort de l’affirmation du président Laurent Gbagbo, selon laquelle ‘‘c’est à cause de la guerre que la filière café-cacao a été pillée’’. Et pourtant, tous ceux qui s’intéressent à la Côte d’Ivoire et principalement à la filière café-cacao, savent que sur instruction du Chef de l’Etat, un audit a été commandité sur cette filière. Le rapport paru en janvier 2002 sous la houlette de l’inspecteur François Kouadio, fonctionnaire de l'Etat de Côte d'Ivoire qui était sous la coupe de l’Inspection générale d’Etat, estimait déjà à cette époque que l’Etat avait failli à sa mission. En effet, l’Inspecteur, aujourd’hui en exil en Europe, selon certaines sources, dans ce rapport, a dénoncé les nombreuses failles qui perturbent le fonctionnement de ce secteur. Il a fait le constat selon lequel en 2000 et 2001 déjà la mauvaise gestion et la gabegie étaient perceptibles. Le rapport, à en croire des sources, n’était pas méconnu du président Gbagbo. Des détournements et autres gaspillages avaient déjà été constatés à cette période et incriminaient des proches du président de la République. En mai 2002, bien avant la guerre, des pontes du régime en place, selon le rapport de l’Inspecteur Kouadio, avaient fait transférer les fonds de réserve, sous séquestre à la Bceao, dans une banque de la place. Ce sont au total 32 milliards de Fcfa qui ont atterri dans cette banque dirigée par l’un des proches des refondateurs. Au motif que cette somme domiciliée à la Bceao ne produisait pas d’intérêt. Mais curieusement, lorsqu’il s’est agi, quelques mois après, de faire face à la baisse du prix du cacao sur le marché mondial, cette somme n’a pu être utilisée pour soutenir le prix aux producteurs. Elle s’était volatilisée dans la nature. Cette manne financière a été prise sur le compte bancaire qui accueille les taxes parafiscales dont s’acquittent les paysans. A cette époque, l’Union européenne n’avait pas fait la fine bouche. Idem pour les bailleurs de fonds qui avaient eu plusieurs réunions. L’inspecteur qui avait aussi dénoncé la précipitation qui avait entouré la libéralisation était devenu persona non grata. C’est donc un rapport qualifié d’explosif par beaucoup d’observateurs qui a circulé pendant l’année 2002. Exposant son auteur à des tentatives de lynchage et d’assassinat. Affirmer donc que c’est à cause de la guerre que la filière café-cacao a pris l’eau de toute part est un grossier mensonge.
Edgar Kouassi

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Publié dans Abidjan News

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