Des confidences sur les relations Gbagbo- Compaoré

Publié le par sethkokorussie

mercredi 2 juin 2010 par TRA BI Charles L.
Négociations (16)(1)La rumeur se fait plus persistante et des canards burkinabé et ivoiriens en font leurs choux gras. Laurent Gbagbo et Blaise Compaoré seraient en froid pour certains, à couteaux tirés pour d’autres. A la vérité- et c’est une source qui connaît les deux hommes qui nous l’a confié hier mardi- la guerre froide n’a pas repris entre les présidents ivoirien et BBurkinabé. « Qui vous a dit que ça ne va pas entre les Présidents Gbagbo et Compaoré ? Ce sont des rumeurs qui ne sont pas fondées parce qu’il n’en est rien du tout. Il n’y a ni froid ? ni brouille entre Gbagbo et Compaoré », soulignait hier notre source, un très proche conseiller du Premier ministre Soro. Il a indiqué que le silence et l’absence physique de Compaoré ces derniers mois dans le dossier ivoirien - donnant ainsi du grain à moudre à ceux qui évoquent une brouille avec Gbagbo - pouvaient avoir plutôt une autre explication : celle qui tient à la volonté du Président Gbagbo d’asseoir un dialogue inter-ivoirien sur le sol ivoirien, sans pour autant mettre à l’écart la médiation de Compaoré. « Le Président Gbagbo estime aujourd’hui qu’il peut, pour ce qui reste à faire dans la sortie de crise en côte d’Ivoire, parler directement avec le Premier ministre Guillaume Soro, sans forcément associer le Président Compaoré, qui reste le Facilitateur », a affirmé notre source. Qui a relevé que l’appui du président sénégalais, Abdoulaye Wade dans la recherche de solutions à la crise ivoirienne n’a aucunement mis mal à l’aise le président Burkinabé. « Vous savez que le médiateur Blaise Compaoré avait été informé de la démarche du président Wade qui était venu apporter son appui à la recherche de la paix en Côte d’Ivoire. Sachez aussi que le président Compaoré, même à distance, s’est personnellement impliqué dans les dernières démarches qui ont abouti aux rencontres Gbagbo-Bédié puis Gbagbo- Ouattara », a précisé le conseiller du Premier ministre. Laurent Gbagbo n’aurait donc jamais envisagé d’abandonner la médiation burkinabé, et le président Blaise Compaoré n’aurait aucunement laissé le dossier ivoirien. Mais il y a cette volonté affichée du chef de l’Etat ivoirien et de son Premier ministre d’amorcer un dialogue entre leaders ivoiriens, en terre ivoirienne, pour permettre aux Ivoiriens de conduire eux-mêmes la sortie de crise. « Blaise Compaoré a facilité le dialogue direct qui a abouti à l’Accord politique de Ouagadougou. Il est et reste le médiateur dans la crise ivoirienne. Mais c’est aux Ivoiriens de favoriser la mise en œuvre de l’Accord de Ouaga », a conclu notre source.

Les gros soucis du facilitateur burkinabé

Le facilitateur burkinabé, Blaise Compaoré est-il en froid avec le chef de l’Etat ivoirien ? Selon une source introduite au Palais de Kosyam, le facilitateur burkinabé n’est pas tombé en disgrâce aux yeux du président Laurent Gbagbo, comme certains tentent de le faire croire. « Ce ne sont pas les récents entretiens que Gbagbo a eus avec Bédié et Ouattara, en présence de Soro, qui posent problème à Compaoré », nous a fait savoir une source à Ouaga. A la vérité, le chef de l’Etat burkinabé paie en ce moment sa trop grande débauche d’énergies sur le front des résolutions des différentes crises socio-politiques dans la sous-région. Quand on ajoute à cela la Présidentielle à venir au Burkina, ça fait beaucoup. En effet, le Président Blaise Compaoré se bat sur deux fronts en ce moment. D’abord, le front extérieur où en plus de sa facilitation dans la crise militaro-politique ivoirienne, le Président du Faso est aussi le facilitateur dans la crise socio-politique togolaise et dans la crise guinéenne. Même si au Togo, l’élection présidentielle a pu être organisée, le pays a été à un doigt de la guerre civile en mars dernier. Il a fallu toute l’implication personnelle du Président Compaoré pour que les choses ne dérapent pas à Lomé. Au finish, le facilitateur burkinabé a du négocier serré et personnellement avec le leader historique de l’opposition togolaise, Gilchrist Olympio, pour obtenir la reddition de l’Union des Forces du Changement (UFC) par son entrée au futur gouvernement de large ouverture au Togo. Mais au même moment, le chef de l’Etat burkinabé devait faire face en Guinée, à l’organisation très prochaine de la Présidentielle dans ce pays. Entre surveiller le Capitaine Moussa Dadis Camara, en exil « forcé » à Ouagadougou et dont les partisans réclament le retour au pays, et le général Sékouba Konaté pour qu’il réussisse sa Transition, il y a un suivi au quotidien plus qu’épuisant pour le Président Compaoré. Quand on associe à cela les audiences quotidiennes à n’en point finir à Ouagadougou, devenu la capitale de toutes les médiations ouest-africaines, on peut comprendre que le facilitateur burkinabé soit de moins en moins visible sur le front ivoirien. En plus, la crise en Côte d’Ivoire est devenue plus une crise politique que militaire. Ensuite, il y a le front intérieur avec l’élection présidentielle de novembre 2010. En plus de ses adversaires habituels comme Hermann Yaméogo, Ram Ouédraogo et autres, le Président du Faso va affronter un autre adversaire de taille, un dur à cuire qui ne lui a pas été toujours favorable : Boukary Kaboré, dit « Le Lion du Boulkiemdé. Pré-investi, le 17 mai 2010, à la Présidentielle de novembre prochain, par le Parti pour l’Unité Nationale et le Développement (PUND) et l’Union Panafricaine Sankariste / Mouvement Progressiste (UPS/MP), « Le Lion du Boulkiemdé » a officiellement accepté sa désignation, le samedi 22 mai dernier, jour de son anniversaire d’ailleurs, à Koudougou devant des militants scandant des slogans des temps de la révolution. Ancien officier des Forces Armées burkinabé, Boukary Kaboré a été membre fondateur du Conseil du Salut du Peuple (CSP) avec l’ancien chef de l’Etat, Jean Baptiste Ouédraogo, et du Conseil National de la Révolution (CNR) en 1983 avec le défunt Capitaine Thomas Sankara. Avec le coup d’Etat d’octobre 1987 qui a vu la mort du Capitaine Sankara et l’avènement du Front Populaire du Capitaine Blaise Compaoré, il va dire non à la nouvelle junte au pouvoir et s’exiler au Ghana pendant 4 ans. « Cela fait 23 ans que le lion dort. Il vient de se réveiller », confessera-t-il lui-même lors de l’acceptation officielle de sa candidature. A 60 ans, Boukary Kaboré est tout un symbole qui se dresse sur le chemin de Blaise Compaoré, comme au bon vieux temps. Du coup, la liste électorale, la réunification du pays, l’élection présidentielle en Côte d’Ivoire, sont devenues des sujets secondaires pour Blaise Compaoré.

JMK AHOUSSOU

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Publié dans Vu dans la presse

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