Chronique diplomatique - Côte d’Ivoire : Quand le sondage devient juge électoral

Publié le par sethkokorussie

diby koffi 5En Côte d’Ivoire, le sondage est devenu un juge électoral. Désormais, le sondage est le juge logique et arithmétique du paysage politique en Côte d’Ivoire. Les Ivoiriens, qui ne voient rien, sont maintenant intimement liés au sondage pour vivre des heures électorales tranquilles. L’hystérie s’est emparée de la classe politique ivoirienne, qui croît que le sondage est une règle démocratique. Même la presse ivoirienne, elle aussi, croît que le sondage est une boite à ‘’vérité’’, et beaucoup fiable. A l’analyse, le sondage est un ‘’mal’’ serein des pays européens. A mon avis, le sondage n’est pas très connu en Afrique, et n’a jamais été une spécialité africaine. Et les ‘’commanditaires’’ du sondage en Afrique, savent que le continent a une absence totale de culture politique et démocratique. Ceux qui font le sondage en Afrique, savent que sur le continent, plein de républiques bannières, rien ne peut ‘’ébranler’’ le vote éthique, ou tribal. C’est bien en Côte d’Ivoire, le même excès émotionnel, qui accompagne les ‘’qualités’’ des hommes politiques. Faire un sondage ne peut trahir cette belle extraordinaire manière africaine. En ce moment précis, le sondage ne fait qu’instrumentaliser l’opinion traditionnelle, qui confirme l’ethnie et les promesses habituelles familiales. Et s’il n’en est ainsi, le sondage n’est plus crédible. L’élection présidentielle en Côte d’Ivoire, souffre de cette analyse comportementale des chefs des partis politiques. Mais Bédié, Gbagbo, Ouattara, très souvent flattés par les Ivoiriens, comme tête d’affiche des partis politiques significatifs, doivent savoir que le sondage est un ‘’jeu d’intention’’. Ce n’est pas une règle démocratique. Bédié, Gbagbo, Ouattara doivent ouvrir les yeux et vérifier avec soin la fragilité de l’opinion politique des Ivoiriens. Un ‘’Sery Hubert’’ est-il Fpi ? Ou encore un ‘’Bamba Souleymane’’ est-il Rdr ? ‘’Kouadio Yao’’ n’est pas forcément Pdci. A mon avis, le sondage est un jeu d’intention, et ne peut-être un électeur ou un juge électoral. En 1995, le Français Jacques Chirac avait été ‘’trompé’’ par les sondages qui le plaçaient gagnant contre Lionel Jospin au premier tour des élections françaises. Mais à la surprise générale, Jacques Chirac est au 2e tour, et en compagnie de Jean-Marie Lepen du Front national. C’est pour cela, que Bédié, Ouattara, Gbagbo doivent se méfier du sondage, et se battre, puis convaincre les Ivoiriens par un programme de société très solide. Mais si Bédié, Ouattara, Gbagbo considérés comme des candidats ‘’significatifs’’ et capables, sont en proie au doute, ce n’est pas le sondage qui fera le ‘’vote utile’’. Ceux qui commanditent le sondage sur l’élection présidentielle en Côte d’Ivoire, savent bien où mettre les oreilles. Moi, je sais que Bédié, Gbagbo, Ouattara ne font guère figure d’hommes nouveaux dans la gestion de l’Etat de Côte d’Ivoire : Alassane Ouattara ancien Premier ministre de Félix Houphouët-Boigny, n’a pu s’imposer dans sa bataille pour la privatisation, malgré sa haute stature de fonctionnaire du FMI. Aujourd’hui, Alassane Ouattara bénéficie à plein de l’effet ‘’exceptionnel’’ pour s’inscrire dans l’arène politique ivoirienne. Mais Alassane Ouattara n’est pas souvent cohérent. Ce qui en dit long sur la perméabilité de sa vision politique. Henri Konan Bédié sait que les Ivoiriens avaient manifestement rejeté un certain capitalisme sauvage du Pdci. Et c’est sous ce régime long, de 40 ans, que Henri Konan Bédié s’est usé lui-même. Laurent Gbagbo, socialiste, élu en octobre 2000 a rêvé d’une refondation de la Côte d’Ivoire, malheureusement ‘’incarnée’’ en piste, dans une rébellion armée, en septembre 2002. Depuis 10 ans, Laurent Gbagbo, locataire du Palais présidentiel se bat en gardant la tête froide. Une manière de dire que ceux qui font le sondage dans le cas de la Côte d’Ivoire, savent où mettre les oreilles. Et moi, journaliste depuis 1968, habitué à la politique-fiction et aux mensonges politiques, je n’ai froid ni au cœur, ni au corps, quand j’entends que la presse se bat autour d’un sondage politique en Côte d’Ivoire, dont les résultats ne peuvent être officiellement publiés. Mais, quel est ce sondage qu’on ne peut publier le résultat ? Il est vraiment difficile d’être heureux, quand on est Africain. Surtout les hommes politiques ivoiriens, prêts à contester la fiabilité des urnes pour croire aux sondages. Pour dire que, Bédié, Ouattara, Gbagbo, doivent manipuler avec précaution, les révélations et les résultats du sondage de l’opinion publique
Par Ben Ismaël :
L'intelligent d'Abidjan

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