Barck Obama fait campagne en «président de guerre»

Publié le par sethkokorussie

brack-afgan.jpgIl serait injuste de réduire le voyage surprise de Barack Obama en Afghanistan à une opération électorale. En se rendant jusqu'au palais présidentiel de Hamid Karzaï, mardi au plus profond de la nuit, le président américain avait surtout pour but de dessiner les contours de la future politique afghane des États-Unis. À travers la signature d'un accord de partenariat stratégique avec Kaboul, il s'agissait de démontrer que l'engagement américain en Afghanistan ne s'arrêterait pas en décembre 2014. Bref, que l'Amérique ne répéterait pas la faute commise en 1989, quand le monde avait abandonné le pays à la guerre civile.

Clairement, pourtant, l'Afghanistan et la lutte contre al-Qaida sont devenus des armes de campagne pour le président sortant. Des thèmes qu'il compte bien utiliser, maintenant que sonne l'heure de défendre son bilan, même si le thème de l'économie prime sur tous les autres. La diffusion récente d'un clip électoral de 17 minutes consacré au raid des troupes spéciales américaines sur le repaire de Ben Laden au Pakistan a ouvert les réjouissances. Barack Obama y est dépeint en leader résolu, prêt à prendre de lourds risques politiques pour éliminer l'ennemi numéro un de l'Amérique, image vouée à contredire les accusations de ses adversaires républicains, qui veulent lui coller une image de président «faible».

Empathie pour la souffrance de ses soldats

La visite en Afghanistan est un autre chaînon de cette offensive électorale d'Obama sur le front extérieur. Le moment du voyage, qui coïncide à un jour près avec le premier anniversaire de l'élimination de Ben Laden, le déroulé très étudié de la visite - signature de l'accord, hommage aux troupes, adresse à la nation américaine évoquant le prochain retour des boys au pays - ne doivent rien au hasard. Il s'agit pour Obama de démontrer qu'il est un commandant en chef responsable et plein d'empathie pour la souffrance de ses soldats ; capable de soutenir l'effort guerrier, mais déterminé à y mettre un terme, tout en assurant les arrières de l'Afghanistan ; bref un président qui ne croit pas à la folle aventure de la construction d'une démocratie afghane, mais qui promet de fournir aux Afghans les moyens de leur sécurité.

«Notre but n'est pas de créer un pays à l'image de l'Amérique… Ces objectifs exigeraient beaucoup plus d'années, de dollars et, surtout, de vies américaines», a-t-il dit mardi, parlant de se concentrer uniquement sur la lutte contre al-Qaida. Une approche en phase avec les aspirations d'une Amérique épuisée par dix ans d'expéditions lointaines.

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Publié dans USA

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