Anne Désirée Ouloto (ministre de la Salubrité urbaine) hier, sur Onuci Fm: “Celui qui pense rester maire dans la saleté se trompe”

Publié le par sethkokorussie

OUT.jpgAnne Ouloto Désirée, ministre de la Salubrité urbaine, était l'invitée de l'émission "la semaine en revue" de la radio Onuci Fm. Dans l'entretien qu'elle a eu avec nos confrères, nous vous livrons un extrait relatif aux questions sur l'opération de déguerpissent en cours à Abidjan. Elle réaffirme sa détermination à accomplir sa mission de rendre Abidjan propre.

On a tendance à croire que votre département ministériel ne pèse pas très lourd dans le contexte d'un pays qui sort de crise, et pourtant, vous êtes l'un des ministres les plus en vue du gouvernement. Comment expliquez-vous ce paradoxe ?

Je considère que mon ministère est le plus important du gouvernement. Aujourd'hui, vous le dites si bien, tout le monde en parle. C'est vrai mais il faut tout de même retenir que tous les ministères se valent. Dès lors qu'un ministère a été créé par le Président de la République et Le premier ministre, c'est bien parce que justement les activités et les attributions de ce ministère sont importantes, et répondent à la politique du Président de la République. Dans le cadre de notre ministère, nous avons en charge la propreté de nos villes, l'embellissement et l'amélioration du cadre de vie. C'est aussi important que les questions de santé parce que si notre cadre de vie est sale, notre santé est en danger, et si vos enfants vivent mal dans un environnement malsain, ces enfants ont une éducation approximative dans la mesure où ils vivront dans un cadre de vie pas adapté. Je considère que tous les ministères se valent. Il n'est pas juste de dire qu'un ministère à moins d'importance qu'un autre

Vous êtes très proche du président Ouattara. Vous a-t-il donné des instructions particulières au moment de vous confier ce poste de ministre de la Salubrité urbaine ?

Le Président de la République fait confiance à tous les membres de son gouvernement. En ce qui me concerne, le président m'a clairement indiqué qu'il me faisait confiance. Je mesure donc l'importance et la responsabilité qui sont les miennes désormais dès lors que je bénéficie de la confiance du Président de la République, de la confiance du Premier ministre. Alors en ce moment-là, je suis dans l'obligation morale de tout mettre en œuvre pour atteindre mes objectifs. Le Président de la République fait confiance à ses ministres et le Président demande à ses ministres d'agir dans l'intérêt de la Côte d'Ivoire, et de tout mettre en œuvre pour exécuter son programme de gouvernement.

Vous avez rasé la rue Princesse, déguerpi la plupart des trottoirs de la capitale économique.

Jusqu'où irez-vous, Mme Ouloto, pour mener à bien cette opération " Pays propre " ?

Nous sommes en train d'exécuter une importante opération, "Le spécial fête d'indépendance, opération pays propre". Nous n'avons pas rasé la rue Princesse. Nous avons tout simplement essayé de rétablir les choses. Dans le cadre de cette opération, nous ambitionnons de faire en sorte qu'Abidjan redevienne la perle des lagunes, et que la Côte d'Ivoire redevienne la belle Côte d'Ivoire. Avant d'atteindre ces objectifs, il faut bien poser des actes. Ces actes sont de bien enlever les ordures au niveau d'Abidjan, ce qui est un programme important, mais très difficile dans la mesure où aujourd'hui, nous n'avons aucun opérateur compétent en la matière et ayant du matériel adapté pour rendre nous rues propres, et en même temps pour nous débarrasser de nos déchets. Alors le ministère s'attelle à faire en sorte que très rapidement, ce problème soit réglé mais en attendant, nous essayons avec ceux qui sont disponibles de maintenir Abidjan propre, ce qui est extrêmement difficile.

Il parait que vous voulez vous attaquer à d'autres chantiers tels que les lieux de cultes, cela est-il vrai ?

Nous ne nous attaquons pas aux activités, rue princesse, lieux de cultes…non. Nous nous attaquons à l'anarchie, au désordre, à l'insalubrité.

Donc les lieux de cultes ne sont pas particulièrement visés ?

Aucun lieu de culte n'est particulièrement visé. Par contre, si le lieu de culte s'est installé de façon anarchique sur le domaine public, au mépris des règles en vigueur et des normes recommandées en la matière, alors nous demanderons à ce lieu de culte de se conformer aux normes. Nous n'avons rien contre les activités, mais il n'est pas concevable, quelle que soit l'activité qu'on mène, qu'on s'arroge le droit de s'installer sur le domaine public au mépris des normes urbanistiques et environnementales existantes. Le ministère de la Salubrité urbaine lutte également contre les nuisances de toutes sortes notamment les nuisances sonores. S'il est avéré que comme à la rue princesse, les riverains ont fait des pétitions, se sont plaints de ne pas pouvoir vivre en toute sérénité à cause de la proximité avec ces maquis, s'il est avéré qu'un lieu de culte crée des nuisances à des populations riveraines parce qu'on fait de la musique, qu'on prie au mépris de la tranquillité, du sommeil des voisins, nous attirerons l'attention des dirigeants de ce lieu de culte en les invitant à éviter de nuire à la vie des autres.

Vous n'avez rien de particulier contre les églises?

Je n'ai rien de particulier contre les églises. Je suis moi-même chrétienne, je vais à l'église, je vais dans des lieux de cultes, mais on sait en même temps que quand on fait un lieu de culte, il doit tenir compte des autres. Il s'agira pour nous, non pas d'aller détruire ces églises, mais de les emmener à respecter les temps de sommeil, par la sensibilisation.

On note également une floraison de panneaux publicitaires sur les grandes artères. Cela gène même très souvent la circulation. Cela relève-t-il de votre compétence, y a-t-il une réglementation en la matière?

Oui, il y a une réglementation en la matière. Et vous avez raison de parler de ces panneaux et autres affiches. Tout ceci procède du désordre et de l'anarchie dont nous avons hérité.

Nous y travaillons et très prochainement, nous aurons une rencontre avec les acteurs de ces associations-là de façon à réglementer l'affichage, à faire en sorte que ceci crée moins de nuisance et que cela tienne compte de l'esthétique de nos villes. Qu'on n'ait pas le sentiment, dès qu'on entre à Abidjan, qu'on a affaire à un pays peu reconnu, désordonné, où règne l'anarchie, etc. Le Président de la République est un grand homme, un homme du monde, qui a promis le changement aux Ivoiriens. Ce changement passe également par la réglementation et donc la discipline dans le milieu de l'affichage.

Différents maires ont bien essayé de mettre de l'ordre dans leur commune, mais se sont rétractés pour conserver leur électorat. Ne craignez-vous pas que le capital sympathie dont jouissait le Président Ouattara baisse et que le Rhdp perde des électeurs aux prochaines élections?

Si un maire pense que c'est en laissant vivre sa population dans l'anarchie, dans le désordre, la saleté qu'il peut se maintenir maire, il se trompe. Parce que le temps du désordre, et de l'anarchie, et de la saleté est passé. Les Ivoiriens en sont très conscients, et ils sont très sensibles à ce que nous faisons aujourd'hui. Le maire sera jugé parce qu'il aura commencé à poser des actes qui vont dans le sens du changement prôné par le Président de la République. Je ne crois pas que ce que nous faisons aujourd'hui soit de nature à nous poser des problèmes au moment des élections législatives. Bien au contraire, vous verrez que les populations ivoiriennes exigeront de leurs élus locaux qu'ils aient des programmes qui vont dans le sens de celui du Président de la République. Et puis, vous savez, aujourd'hui, la Côte d'Ivoire se vend, la Côte d'Ivoire se présente comme un Etat qui veut se repositionner dans la sous région. La Côte d'Ivoire est en train, aujourd'hui, d'inviter de nombreux investisseurs à venir investir, et la Côte d'Ivoire intéresse le monde des affaires.

Mais la Côte d'Ivoire a également besoin d'envoyer des signaux forts à ce monde économique.

Propos recueillis par Jean Prisca

Source:Le Nouveau Réveil

SETH KOKO TV


 

 

Publié dans Vu dans la presse

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